Comme nous l'avons annoncé voilà deux semaines, Mohammed VI ne prendra pas part au Sommet arabe et au Sommet des Etats arabes et de l'Amérique du Sud de Doha.
La semaine dernière, l'émir de Qatar a dépêché un émissaire à Rabat avec l'objectif de convaincre le roi d'assister aux travaux de cette rencontre censée surmonter les divisions arabes. Même l'argument de l'absence du président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'a pas résisté à la volonté royale de ne pas assister à la réunion de Doha. Un grand mystère a entouré la personne qui devait présider la délégation marocaine à cette rencontre. Hier à 15h, le porte-parole du gouvernement était incapable de donner une information dans ce sens. « Il faut attendre le communiqué du cabinet royal. Je n suis pas le porte-parole du palais royal», a déclaré Khalid Naciri. L'absence du roi Mohammed VI à la réunion de Doha, est loin d'être la première du genre. Les récents Sommets en janvier à Qatar, sur Gaza, et celui au Koweït, au tempo bien économique, ont connu la même sentence royale : le boycott. A l'époque, le cabinet royal avait tenu à marquer l'absence du Souverain par la publication d'un communiqué aux accents très critiques avec ce genre de messes arabes : «Désormais, le simple fait d'évoquer l'idée de tenir un sommet arabe extraordinaire suscite moult conflits et surenchères qui dégénèrent parfois en antagonismes entre pays arabes», ce qui inévitablement «donne à l'opinion publique arabe l'impression qu'il règne une atmosphère marquée par des tentatives visant à accaparer le leadership du monde arabe ou à créer des axes ou des zones de polarisation, exercice auquel le Maroc a toujours refusé de se prêter».
La forte teneur du communiqué royal avait été d'ailleurs chaudement saluée par la classe politique. Les participations royales aux messes arabes sont rares. Sa dernière présence remonte au sommet d'Alger en mars 2005. Une présence à mettre à l'actif d'un réchauffement illusoire dans les relations maroco-algériennes.
Depuis, plus rien. Même lors du 19e Sommet de Riyad, en mars 2007, c'est le prince Moulay Rachid qui avait suppléé l'absence royale.